Avatar : le chaste fantasme
13/01/2010
J’arrive un peu tard dans le débat sur Avatar, je sais (mais qu’est-ce que j’y peux si ce blogue n’est en ligne que depuis 3 jours?!). Mais peu importe, car l’avantage des films comme Avatar où presque tout est dans la forme plutôt que dans le contenu, c’est qu’ils expriment à merveille un nombre incalculable de fantasmes apparemment universels. (spoilers alert!)
Pour les mauvaises notes allouées à l’expression de la subtile culpabilité coloniale, je vous invite à lire cette intéressante lecture du film : « When will white people stop making movies like ‘Avatar’? ». Effectivement, le film soulève plusieurs questions quant aux différenciations raciales. J’ai trouvé marquant comment il semblait nécessaire que Jake ait totalement embrassé son identité Na’vi avant que son désir commun avec Neytiri puisse être réalisé . En un mot, ils ne peuvent « s’accoupler » (selon le langage du film) que s’ils appartiennent à la même espèce, à la même ethnie.
D’autre part, l’enthousiasme de Jake à adopter cette nouvelle identité n’est pas fortuite. Oui, bien sûr, il apprend à communiquer avec la forêt et l’esprit de Eywa: il profite également – et surtout – d’un nouveau corps qui lui permet à nouveau de se déplacer selon ses envies les plus folles, sauter, courir et grimper à travers les branches … mais aussi retrouver des sensations qui l’avaient quitté. Au coeur de la forêt bénie par la déesse Eywa, il peut jouir des prérogatives des gens ayant l’usage de leur corps… tout en réalisant ses désirs sexuels avec de belles femmes de couleur. Le réel, pour Jake, est décevant. Alors que son avatar – à l’instar de sa définition d’internaute qui le désigne comme étant une métamorphose servant à naviguer à travers le cyberespace – lui ouvre toutes les portes, tous les possibles. Il lui permet non seulement de réaliser ses fantasmes, mais de les incarner.
Les spectateurs, quant à eux, sont plongés dans le monde 3D par des lunettes de geek grâce auxquelles ils ne savent plus où est la véritable réalité: celle de la forêt d’Eywa ou celle des militaires mécanisés? Miroirs de Jake, ils espèrent trouver un espace où vivre de semblables métamorphoses afin de vivre au coeur de leurs désirs irrépressibles, avoués ou non (euh..internet?).
En terminant, fait troublant : si la « scène de sexe » du film a été coupée, on peut apprendre en consultant le script de James Cameron que les Na’vi n’ont pas de relations sexuelles. Ils pratiquent plutôt « l’intimité ultime », c’est-à-dire que leurs systèmes nerveux se rencontrent par une union de la tête. Moins sexy … Alors est-ce que le fantasme ultime proposé par Avatar serait de vivre au coeur de désirs cérébraux afin d’échapper au réel et aux corps décevants? Est-ce que ce genre de fantasme est jugé universel ? En attendant les orgasmes cérébraux, personnellement j’aime mieux me rabattre sur les robots de sexe comme le propose Jess…
Entry Filed under: Reviews. Tags: avatar, chasteté, ethnie, fantasmes, virtuel.
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1.
Jess. | 14/01/2010 at 16:50
So if I understand correctly the protagonist takes advantage of his avatar to indulge in almost every bodily sensation except for sex & desire? It seems highly doubtful. Usually a new technology comes along and we think: “How can we get naked and use
this new cool thingamijig?”
2.
Tanya | 14/01/2010 at 18:07
Il profite de son nouveau corps pour des sensations de désir aussi… qu’il vit à travers sa tête.
Aussi, il ne faut pas oublier que les Na’vi, comme tous bons «autochtones», se promènent toujours nus, alors se désabiller devient moins intéressant.