L’heure des bilans

05/01/2010

Ces jours-ci dans la blogosphère, les listes et les bilans se multiplient. Que ce soit pour faire une revue de la décennie en culture populaire féministe ou pour établir ce qui a été le plus détestable au cours des dix dernières années, tous et toutes tentent de synthétiser les années que nous venons de traverser afin de mieux comprendre celles qui nous attendent.

Les années 2000 ont débuté dans l’immobilisme, alors que le cœur du monde s’est arrêté de battre face à la peur du bogue de l’an 2000. Devant le changement de 00, est-ce que le monde tel que nous le connaissions allait disparaître dans le chaos? Est-ce que les banques, les identités électroniques, les comptes courriels, l’électricité, allaient du jour au lendemain nous abandonner alors que nous leur avions dévoué notre entière confiance?

Heureusement ce jour-là, les outils technologiques n’ont pas failli à la confiance que nous avions placée en eux. Chaque jour des années 2000 a renouvelé l’allégeance que nous leur vouons. En passant aujourd’hui le cap des années 2010, nous ne sommes plus immobiles de terreur face aux comportements que pourraient avoir nos ordinateurs et nos machines. Nous sommes trop conscient qu’une bonne part de nos identités – électronique, bancaire, gouvernementale, sociale – se trouvent en elles. Ces aspects de notre identité se dématérialisent désormais dans les méandres virtuels de la toile, des formulaires électroniques gouvernementaux, des tags Facebook et des tweets à 140 caractères. En 2010, faisons-nous face à la réduction de notre identité qui a l’obligation de se coincer dans de petites cases virtuelles ?

Ou au contraire, ouvrons-nous notre esprit aux infinités possibilités du cyberespace? Nous sommes en contact avec un nombre illimités de personnes, de réalités, d’informations dont nous ne soupçonnions pas même l’existence. L’espace infini d’Internet permet d’oser et de résister comme il semble impossible de le faire en réalité. Nous pouvons y créer des communautés, exprimer nos idées, inventer des identités, des comportements, vivre des fantasmes inexplorés : ne plus être qui nous sommes réellement.

Mais si les identités disparaissent dans le cyberespace, qu’advient-il de nos corps, lourds ancrages confinés à l’autre bout de l’ordinateur et forcés de taper sur le clavier et manipuler la souris? Comment vivent nos désirs si nos fantasmes disparaissent dans la virtualité ?

Commencer un blogue par un bilan ? Oui ça peut sembler paradoxal… Il faut plutôt y voir une ouverture, qui nous permettra d’explorer les facettes que prennent les sexualités, les désirs et les fantasmes à l’ère technologique qu’inaugure 2010. Bienvenue sur Atomic Sex!

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